Santé du chat

07 janvier 2016 Rédigé par Administrateur


La leptospirose, un danger en chatterie ?

La leptospirose est une maladie infectieuse bien connue dans l’espèce canine. Due à un agent infectieux de type bactérien, cette maladie est connue depuis 1899 et on dénombre aujourd’hui plus de 20 souches différentes de l’agent infectieux.
Qu’en est-il chez nos amis les chats ?
Sont-ils eux aussi concernés par cette infection potentielle ?

La mise en évidence sérologique d’anticorps antileptospirose chez des chats ayant été en contact avec des chiens contaminés a amené des scientifiques à pousser plus avant les investigations pour en savoir un peu plus sur cet état de fait !

Leptospirose : fiche d’identité

Les leptospires sont des bactéries qui se multiplient dans le sang et provoquent des hémorragies en lésant les vaisseaux sanguins par l'intermédiaire des toxines qu'elles produisent.
Une fois contaminé, le sang apporte les leptospires au niveau de différents organes, notamment le rein et le foie, où ils provoquent de graves lésions.
L'infection rénale induit ensuite logiquement une excrétion de la bactérie dans les urines.
Toutes les espèces de mammifères peuvent être atteintes, mais la sensibilité des uns et des autres aux leptospires semblent ne pas suivre de règle générique.
En effet, si les rongeurs sont résistants et donc peu malades, à l'opposé le chien est plus sensible et développe plus fréquemment une maladie à évolution rapide et souvent mortelle. Le danger pour l’homme est non négligeable puisque la leptospirose constitue aujourd’hui l’une des zoonoses les plus importantes !
Depuis peu de temps, des cas de leptospirose ont été décrits également dans des chatteries..

Les modes de contamination

La transmission bactérienne s’effectue par contact avec des urines contaminées. La peau ou les muqueuses sont les voies d’entrée préférentielle de la bactérie dans l’organisme.
Les leptospires survivent également dans les eaux stagnantes (égouts, marais, étangs) contaminées le plus souvent par l'urine de rongeurs infectés.
L'ingestion ou la manipulation de ces eaux, de végétaux souillés, ou de cadavres d'animaux porteurs sont autant de sources de contamination pour le chien et… son propriétaire !

De par son activité forestière et son contact avec les rongeurs, le chien de chasse est particulièrement exposé à la maladie. Ceci est également vrai pour tous les chiens séjournant à la campagne.
Il semblerait donc que nos amis félins n’échappent pas à la règle.

Les conséquences de l’infection virale

Chaque individu infecté réagit de manière assez différente à l'infection. Les symptômes peuvent varier de l'inexistence totale à la maladie sévère.
Les symptômes rencontrés sont de la fièvre, une anorexie, ainsi que des vomissements et une diarrhée parfois hémorragique.
Les reins sont souvent le siège d’une infection sévère ce qui provoque une déshydratation et une accumulation d'urée dans le sang. Les leptospires peuvent également induire une hépatite se traduisant notamment par une coloration jaune des muqueuses buccales, oculaires et génitales. Plus rarement, des lésions oculaires et une méningite peuvent apparaître.
Les animaux qui surmontent la maladie peuvent encore développer dans les mois qui suivent une insuffisance rénale chronique ou une hépatite chronique. Enfin, les symptômes de la leptospirose étant identiques aux symptômes d'autres maladies, une recherche des leptospires dans le sang ou les urines est nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Et dans l’espèce féline ?

La maladie a rarement été décrite chez le chat mais la mise en évidence récemment des anti-corps relatifs à cet agent infectieux et le manque d’information dans cette espèce a motivé la réalisation d’une enquête de prévalence !

L’enquête menée en France a porté sur un échantillonnage réduit, ce qui porte à croire que la population étudiée ne constitue pas une représentation de la population féline normale. Néanmoins, les résultats de l’enquête ont montré une séroprévalence élevée (47 chats positifs sur 97). L’agent infectieux identifié est dans 66% des cas Leptospira canicola…
(source : Olivier LUciani, Etudiant vétérinaire de Nantes – Thèse de doctorat du service du Pr Geneviève André-Fontaine).

Il semblerait donc que le contact de chats sains avec des chiens contaminés présente un risque majeur d’infection dans l’espèce féline avec l’observation de symptomatologie identique et de conséquences graves pour l’individu félin.
Mieux vaut donc vous en entretenir avec votre vétérinaire pour prendre les mesures préventives adéquates !
Il en va de leur santé….

 


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