Santé du chat

06 janvier 2016 Rédigé par Administrateur


La lysine, un intérêt dans la gestion de l’Herpèsvirose

De très nombreux chats sont infectés par l’herpès virus félin (FHV-1) responsable de l’une des plus sévères maladies respiratoires du chat : la rhino trachéite infectieuse féline, plus communément identifiée sous le terme de « Coryza ».
La contamination par le FHV-1, bien que très fréquente, ne doit pas être une fatalité. Depuis de nombreuses années, les scientifiques se penchent sur cette pathologie, sur son agent infectieux, pour en savoir davantage et offrir des moyens de prévention adaptés. Parmi ces derniers, il est prouvé aujourd’hui que l’alimentation peut jouer un rôle bénéfique.

Herpesvirus : fiche d’identité

L’Herpesvirus ou FHV-1 est un agent infectieux très important en pathologie respiratoire féline, particulièrement observée en refuges et en chatteries où la prophylaxie sanitaire de base est plus difficile.
Le FHV-1 a été isolé pour la première fois en 1957.
La transmission du virus d’un chat à l’autre se réalise par les sécrétions respiratoires qui restent virulentes pendant une à trois semaines après l’infection. Le virus pénètre par voie nasale, buccale et conjonctivale.
La contamination des chatons par la mère se fait en période post-natale exclusivement : on n’observe pas de transmission par voie placentaire. L’extrême contagiosité et la sensibilité des chatons à l’infection rend aussi possible la participation d’un autre chat.

La contamination indirecte par le personnel soignant et le matériel est possible, mais peu fréquente du fait de la fragilité du virus dans le milieu extérieur. Il est, de plus, sensible à la plupart des désinfectants (javel, ammonium quaternaire, éther,…).

Un virus malin

La particularité de l’infection par le FHV-1 siège sans nul doute dans la capacité de latence au sein de l’organisme infecté.
On estime en effet à l’heure actuelle que 80% des chats convalescents d’une rhino trachéite infectieuse restent des porteurs chroniques.
Sans développer de signes caractéristiques de l’infection par le virus, ces individus infectés renferment la particule virale qui, à tout moment (stress, gestation, ou autres) a la capacité de se réveiller.
La ré-excrétion virale survient naturellement à la faveur d’un stress, comme la mise en pension, l’hospitalisation, le transport, la mise-bas ou la lactation, la période de sevrage chez le chaton de cinq à sept semaines d’âge, la maladie, les interventions chirurgicales, la corticothérapie…
Ce phénomène caractéristique reste, on le sait, la principale source de dissémination du virus.

Dans le cas fréquemment rapporté de chats développant des symptômes après un événement félin, il ne s’agit pas dans la plupart des cas de contamination par le « voisin de cage », mais de chats porteurs latents (comme la grande majorité de nos chats) chez lesquels le stress de l’évènement aura causé une réactivation virale.

Les conséquences de l’infection virale

Elles sont variables en fonction de l’âge de l’animal et apparaissent après une incubation de 2 à 10 jours.
- Chez le chaton, durant le 1er mois de vie, les signes généraux sont très marqués (fièvre, abattement, refus de manger, déshydratation…) et la mortalité est souvent élevée.

- Chez les chatons âgés de 1 à 6 mois, les signes généraux et respiratoires sont plus discrets. La majorité des chats infectés guérissent mais on sait que 80% de ces chatons atteints restent porteurs sains du virus. C’est le phénomène de latence évoqué plus haut. La vulnérabilité des chatons s’explique par le déclin des anticorps maternels transmis par le colostrum.

- Chez les chats adultes, les signes respiratoires sont quasi inexistants. Au niveau oculaire, on observe une kérato-conjonctivite. Elle prend une couleur grisâtre. Les lésions sont liées à la multiplication du virus dans la cornée.

Une prévention possible

Les mesures préventives majeures résidents essentiellement dans l’approche sanitaire et médicale de l’élevage ou de la collectivité.
Une bonne désinfection des locaux, un écartement des individus présentant des symptômes respiratoires permettent déjà de minimiser les risques au sein de la collectivité.
La vaccination induit une immunité spécifique. Elle est largement conseillée même si elle ne protège qu’imparfaitement : elle n’empêche ni les infections, ni les réinfections mais réduit toutefois les signes cliniques.
Mais on sait aussi aujourd’hui que l’alimentation peut jouer un rôle majeur afin de minimiser le taux de ré excrétion virale.

La lysine, un acteur majeur pour minimiser la réexcrétion

La réactivation du virus chez les porteurs latents a lieu fréquemment à la faveur d’un stress.
L’arginine est un acide aminé indispensable à la croissance et à la réplication de l’herpès virus. La L-lysine entre en compétition avec l’arginine auprès de l’herpès virus diminuant ainsi sa croissance et sa réplication.
Des études ont prouvé l’intérêt d’une supplémentation en L-lysine.

Il semblerait donc que l’alimentation joue un rôle tout particulier dans le contrôle de cette infection.. non pas en assurant une immunité majeure mais en diminuant les phénomènes de réplication virale et donc de réexcrétion de la particule infectieuse !
Pas de quoi hésiter un seul instant.

 


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