Santé du chat

06 janvier 2016 Rédigé par Administrateur


La maladie des griffes du chat, une véritable zoonose dont il faut se méfier !

A lire son nom, on pourrait penser que cette affection particulière est surtout et avant tout débilitante pour nos compagnons félins ... mais méfions nous de l’eau qui dort.
Cette pathologie très ciblée est hautement transmissible à l’homme, en particulier aux enfants qui prennent beaucoup de plaisir à jouer avec les chats de la maison ou des voisins.
Méconnue peut-être, cette maladie est non négligeable et les quelques lignes qui vont suivre vous permettront d’en apprendre plus sur cette zoonose.

Une maladie ... mais plusieurs noms

La "maladie des griffes du chat" (en anglais "cat scratch disease") est bien perfide … Non seulement elle est probablement une des zoonoses les plus souvent rencontrées mais en plus, elle se décline sous diverses identités : "maladie des griffures du chat" ou "syndrome des griffures de chat" ou "fièvre du chat" ou "lymphoréticulose bénigne d'inoculation" ... Telles sont les multiples dénominations de cette affection ciblée connue chez l’homme depuis maintenant plus de 70 ans. Actuellement, l’appellation la plus couramment usitée dans la littérature scientifique française est celui de "maladie des griffes du chat" et c’est donc ainsi que nous l’appellerons tout au long des lignes qui vont suivre même si la dénomination de "maladie des griffures du chat" semble plus correcte

Petite bactérie ... Mais grands soucis …

La cause de la maladie a longtemps été sujette à controverse : de nombreuses équipes scientifiques se sont relayées sur le sujet tentant de déterminer quel agent infectieux pouvait être la cause de cette pathologie. Aujourd’hui, il est reconnu que sous la dénomination très scientifique de Bartonella Henselae se masque le principal agent responsable de l’infection.
Cette bactérie invisible à l’œil nu est donc bien à l’origine des nombreux désagréments liés à la maladie des griffes du chat.  Toutefois, une deuxième espèce appelée Bartonella Clarridgeiae semble également impliquée et il n'est pas possible d'exclure totalement le rôle de Afipia Felis.

Bref ... retenons simplement que diverses bactéries peuvent être à l’origine de la maladie et que quel que soit leur nom ... le résultat semble toujours être plus ou moins équivalent : des symptômes bien désagréables !

Chats, chiens, humains … tous aux abris !

Trois espèces différentes ... mais toutes logées à la même enseigne et n’échappant pas à l’infection par la bactérie avec comme conséquence des signes cliniques variables mais tous aussi désagréables les uns que les autres…
Les chats naturellement infectés développent, le plus souvent, des infections sub-cliniques, c'est-à-dire que bien qu’infectés, ils ne montrent que peu ou pas de symptômes particuliers. Toutefois, dans certains cas de chats infectés, il a été décrit des phénomènes de fièvre transitoire consécutive par exemple à une intervention chirurgicale et les chattes infectées ont une fertilité diminuée ainsi qu'un taux d'avortement supérieur à celui des chattes saines.
Chez des chats présentant une bactériémie depuis plus d'un an, les bactéries sont présentes dans les globules rouges ce qui explique la nécessité de faire éclater ces globules rouges pour l'isolement de ‘agent infectieux.

Le chien peut lui aussi héberger cette bactérie avec des incidences notamment sur la fonction cardiaque.. Mais surtout, il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’infection dans l’espèce humaine.  En France, on estime que 4 à 6% de la population est atteinte de cette maladie qui se traduit en général de manière bénigne : trois à dix jours après avoir été griffé par le chat, le patient découvre à la surface de la peau une petite papule.  Et si l’œil a été griffé, la conjonctivite peut se déclencher.  Ces lésions primaires persistent quelques jours ou quelques semaines et la plupart du temps elles disparaissent quand apparaissent les autres signes cliniques.

Deux mois après l’inoculation de la bactérie, le patient souffre de gonflements ganglionnaires localisées de manière variable (ganglions axillaires, mandibulaires, etc…).  C’est ce qui pousse très souvent la personne à consulter son médecin traitant.
En général, un bon traitement antibiotique permet de cerner l’évolution de la maladie et de faire tout rentrer dans l’ordre.. Mais soyez vigilants car toute négligence entraine des évolutions parfois graves des premiers symptômes !

La prévention

Aucun vaccin n'est actuellement disponible et la prévention de la maladie repose uniquement sur des mesures sanitaires : éviter les griffures ou les morsures de chat (manipuler les animaux avec douceur pour éviter un comportement agressif et éduquer les enfants de telle sorte qu'ils ne considèrent pas les animaux familiers comme des jouets), éviter le léchage des plaies par les chats, désinfecter les plaies en cas de morsures ou de griffures, se nettoyer les mains à l'eau et au savon après avoir manipulé un chat, lutter contre l'infestation des chats par les puces qui peuvent contaminer le chat …

Une maladie peu connue donc ... et pourtant pas si innocente !

N’hésitez pas à parler de tout ceci avec votre vétérinaire… Il pourra vous en dire plus ...

 


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