Santé du chat

07 janvier 2016 Rédigé par Administrateur


Le Felv, virus leucémogène félin, est un rétrovirus.

Après un parcours initial par les ganglions et le circuit lymphatique, le Felv cible les cellules de la moelle osseuse (les cellules souches à partir desquelles l’organisme fabrique les différentes cellules du sang: globules blancs, globules rouges et plaquettes).
Chez 40% des chats exposés au Felv, le virus est « stoppé en chemin » par une réaction immunitaire adéquate. Ils développent une infection transitoire (moins de 3 mois) puis se débarrassent du virus. Ils résistent ensuite à d’éventuelles ré-infections ultérieures.

Arrivé dans la moelle osseuse, le virus peut encore s’arrêter là et rester en latence pendant plusieurs mois, voire années, le chat demeurant asymptomatique. C’est le cas pour 30% des chats exposés au Felv.
Cependant, le virus pourra se réactiver (par exemple, sous l’effet du stress) et le chat développera alors les symptômes de la maladie… il peut ainsi s’écouler plusieurs mois ou années entre la contamination et le déclenchement de symptômes. On estime qu’un porteur latent sur 10 finit par déclencher la maladie.

Pour 30% des chats exposés au Felv, malheureusement, l’infection poursuivra son cours et s’installera définitivement (virémie persistante). Les symptômes alors développés, plus ou moins rapidement, peuvent être divers.
Les cellules souches de la moelle osseuse, infectées et détruites, ne sont pas remplacées : la maladie peut se traduire par une anémie (= déficit en globules rouges) et/ou une leucopénie (= déficit en globules blancs), et une défaillance du système immunitaire. Chez le chat immunodéprimé, d’autres maladies pourront alors venir « se greffer ».

La leucose peut aussi entraîner la formation de tumeurs cancéreuses.
Quand elle se déclenche, la leucose est donc une maladie grave, à l’issue souvent fatale (90% des chats décèdent dans les 4 ans suivant le début des symptômes).

Transmission du Felv

Le Felv peut être transmis par toutes les sécrétions (urines, salive, sang). Il se transmet ainsi relativement aisément par contact, qu’il soit sympathique (toilette mutuelle, partage de nourriture…) ou plus hostile (morsure…).
Le virus peut aussi être transmis de la mère aux chatons, in utero, par le placenta – si du moins il laisse les chatons venir au monde, la leucose entraînant fréquemment des avortements.
En revanche, le virus a une très faible persistance dans l’environnement, de sorte que la contamination indirecte est très peu probable.

Un chat atteint de leucose excrète le virus toute sa vie et est ainsi, en permanence, contagieux pour ses congénères.
Pour protéger les autres chats, qui ne sont peut-être pas vaccinés, il est préférable de ne plus lui laisser accès à l’extérieur. Dans une maison où il y a plusieurs chats, il est aussi préférable de séparer positifs et négatifs (même s’ils sont vaccinés).
D’autre part, les « porteurs temporaires » peuvent également excréter et transmettre le virus ; comme ils ne présentent pas forcément de symptômes de quoi que ce soit, ils sont ainsi contagieux à l’insu de tous.

Les chatons et les jeunes chats sont plus sensibles au Felv, et sont donc les plus à risque. Les chats adultes présentent une meilleure résistance (ceci, ajouté au fait que près de 70% des chats éliminent le virus tous seuls comme des grands ou en sont « seulement » porteurs latents, conduit à un raccourci consistant à dire que les chats adultes sont « automatiquement » et « naturellement » résistants au Felv et n’ont pas besoin de vaccination ; mais c’est un raccourci trop simplificateur, et les 3 chats sur 10 qui n’arrivent pas à contrer le virus et se retrouvent avec une maladie horrible le contredisent tristement).L’évolution de l’infection (élimination du virus, latence ou déclenchement de la maladie) dépend aussi de l’intensité de l’exposition au virus: la leucose est davantage un problème de groupe et de chats amis que de solitaires asociaux.

La vaccination : la meilleure prévention

Il n’y a pas de traitement efficace contre la leucose ; sa prévention passe donc par la vaccination (… et, bien sûr, la meilleure prophylaxie consiste à ne jamais rencontrer le virus).
Si le vaccin contre la leucose est « optionnel » pour les chats d’intérieur sans contact avec des chats au « statut inconnu », il est essentiel pour les chats qui sortent et qui peuvent entrer en contact avec des chats contagieux (tous les chats « de dehors » ne sont pas vaccinés !).
Il est préconisé aussi dans toute collectivité, où l’introduction d’un chat faussement-négatif peut avoir des conséquences très lourdes.
Étant donné la forte susceptibilité des chatons à ce virus, le cycle de primo-vaccination est généralement effectué quand bien même le chaton n’est pas amené à vivre dans un environnement a priori à risque (et puis des fois que le petit « fuguerait »…)

Les vaccins contre la leucose empêchent la virémie persistante et présentent une bonne efficacité sans atteindre 100%, la perfection n’étant pas de ce monde. Il y a une mauvaise compréhension et un amalgame car, les vaccins ayant un niveau d’efficacité de seulement 80% dans les conditions expérimentales, certains ont conclu qu’il ne fallait pas les utiliser. En fait, le niveau de protection conférée par la vaccination sur le terrain est bien au-delà de ces chiffres. Les vaccins sont testés en laboratoires avec des niveaux d’épreuves virulents très élevés. Dans les conditions naturelles, les chats sont le plus souvent exposés à des doses de virus beaucoup moins élevés, de telle sorte que le niveau de protection du terrain soit bien supérieur à celui du laboratoire.

Depuis que la vaccination contre la leucose existe, la prévalence du Felv dans les populations félines a considérablement diminué. Dans les élevages félins, cette maladie a quasi-intégralement disparu.
Localement, les prévalences peuvent beaucoup varier en fonction de la densité de la population féline et de la proportion de chats vaccinés.

 


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